20/04/2017
S'inscrivant dans la continuité d'un God of War, Dante's Inferno n'entend nullement cacher ses relations étroites avec la série de Sony. Misant sur le même type de gameplay et une construction plus ou moins similaire, le bébé de Visceral Games s'émancipe quelque peu de son modèle par un univers bien plus malsain que les hautes sphères de l'Olympe. Ainsi, si Kratos s'élève vers les cieux, Dante, lui, devra prendre le chemin inverse pour retrouver sa bien aimée Béatrice au coeur même de l'Enfer... Triste sort, certes, mais finalement le plus dur, c'est le premier pas.
Les notes
Graphismes 15 /20
Dans l'ensemble Dante's Inferno se pare d'un visuel enchanteur mais la qualité reste malheureusement inégale. Si on excepte une certaine uniformisation dans les couleurs à dominante sombre, chaque Cercle profite néanmoins d'environnements optant pour une approche graphique différente s'inscrivant toutefois dans un tout. De plus, le travail du génial Wayne Barlowe (Blade II, Hellboy II, Avatar) fait mouche à quelques exceptions près. Enfin, alors que les séquences en CG sont renversantes et que les flash-back assument leur côté "animation minimaliste", on déplorera des transitions désastreuses entre les cinématiques et le retour au jeu.
Jouabilité 15 /20
En soi, la jouabilité ne pose pas de soucis. Le système d'évolution, plus ou moins inspiré de celui de Dead Space, se révèle même excellent. Il manque cependant un peu de coups par-ci et deux, trois pouvoirs par-là. En effet, avec seulement 5 magies et divers enchaînements basés sur l'unique arme du jeu, les affrontements se ressemblent tous après quelques heures. Reste, dans une certaine mesure, la Sainte Croix et le mode Rage pour varier les plaisirs.
Durée de vie 10 /20
Bien que Dante's Inferno dispose de plusieurs modes de difficulté, on fera le tour du propriétaire en 6, 7 heures. C'est maigre d'autant que le titre dispose finalement de peu de morceaux de bravoure et s'enlise dans des mécanismes redondants. Libre à vous de recommencer par la suite pour tout débloquer ou de vous frotter aux Portes de l'Enfer qui n'est autre qu'un mode Survival. Nonobstant, le degré de réjouabilité reste, lui, relativement faible.
Bande son 15 /20
Exception faite du doublage peu convaincant de Dante et Virgile, les autres personnages s'en sortent mieux. Ce n'est pas exceptionnel mais la prestation en dents de scie des doubleurs français est vite rattrapée par les musiques symphoniques nous assénant cuivres puissants et percussions ascendantes dès que le besoin s'en fait sentir.
Scénario 11 /20
Si on retrouve bien les acteurs de La Divine Comédie, Visceral Games n'en a finalement utilisé que la substantifique moelle. De fait, inutile d'être choqué par le traitement de l'oeuvre qui sert ici les propos d'un beat'em all. On regrettera pourtant le fait que la mise en scène figée souffre de transitions maladroites et qu'elle ne s'appuie au final que sur de belles cinématiques en CG, des séquences animées au design pleinement assumé et un univers ouvertement gore.
Tel un bon élève, Dante's Inferno récite God of War et parvient à s'en sortir en optant pour un mélange action/plates-formes saupoudré de quelques énigmes. Profitant d'un design maîtrisé bien qu'inégal, d'une progression limpide mais trop classique, le titre se perd malheureusement en chemin en nous ressassant à intervalles réguliers les mêmes types de séquences. Court, parfois maladroit mais ne perdant jamais de vue son orientation lugubre et malsaine, le jeu de Visceral Game réussit à atteindre les limbes de l'Enfer sans pour autant y découvrir l'éternelle damnation. On serait presque enclin à lui donner l'absolution en espérant une suite plus ambitieuse à même d'effacer d'un Pater Noster les défauts énoncés plus haut.