31/07/2023
Ma publication, signifie, en substance, qu’il est décidé un grand nettoyage des quais à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des JO : mais, rendre Paris « propre » aux yeux du monde, couper ce qui dépasse, ce qui salit l’œil, mais, c’est là aussi jouer avec son image, son âme, lui retirer son caractère ! Et, les bouquinistes avec leurs boites vertes participent du patrimoine, les toucher, les fragiliser, c’est aussi toucher Paris !
Lisez ce courrier en date du 25 juillet dernier adressé par la préfecture de police de Paris au Président de l’association des bouquinistes des Quais de Seine en réponse à son courrier du 15 février 2023. Les termes en sont clairs, les bouquinistes sont priés de déguerpir, et, ce, sans modalités prévues à ce jour.
Il est utile de savoir que la mairie de Paris a convoqué les bouquinistes à une réunion le 10 juillet dernier, pour dire, en substance que rien n’était encore décidé. Puis, les services de la Mairie en charge des bouquinistes, la direction de l’attractivité (!) et de l’emploi, a envoyé le 17 juillet un questionnaire, dit « préparation de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques 2024 » s’ouvrant ainsi :
« Comme suite à la réunion du 10 juillet 2023, la Ville vous propose les options suivantes, en rappelant que les conditions précises de l’accès aux quais seront édictées par le Préfet de Police. La Ville de Paris souhaiterait recueillir votre avis avant le 31 août 2023 »
Les options seraient les suivantes :
- Maintien des boites en place (avec une activité commerciale conséquente sous contrainte),
- Retrait et repose des boites avec ou sans réfection (stockage des marchandises et des boites non encore défini). La réfection serait sans doute à entendre si les boites ont été abimées lors de l’opération. La Mairie de Paris prendrait en charge ces opérations.
Au-delà de ces détails, un fait saute aux yeux : la curieuse non cohérence des dates. Comment peut-on croire au questionnaire de la Marie de Paris à renvoyer avant le 31 août, alors que la Préfecture de police dit travailler conjointement (« Dans la continuité des réflexions menées avec la Ville de Paris »), mais envoie dès le 25 juillet un courrier obligeant au retrait des boites.
Dernier point me concernant : un courrier recommandé daté du 28 juin m’enjoignant de procéder à des travaux de rénovation sous trois mois, à défaut je perdrais mon autorisation d’exerce mon activité. Sur la base de premières estimations reçues, il me faut compter entre 8 000 et 10 000 euros pour réparer correctement mes boites. Comment m’imposer une réparation de mes boites sous trois mois alors que lors du retrait de celles-ci serait proposé une rénovation ? Cela signifie bien que ces rénovations « généreusement » proposées le sont que si les boites ont été endommagées lors de leur retrait par les services de la Ville, ce qui sous-tend aussi les conditions dans lesquelles elles seront retirées !