11/08/2026
Avant de devenir disquaire, je savais déjà comment ça se terminerait (à la rue 😅😬), puisque j'avais lu Vernon Subutex.
Vernon a été disquaire pendant plus de 15 ans. Des années insouciantes, vouées à la musique, à disséquer le dernier album, à suivre les groupes en concert, à se laisser aller à tous les excès dans les fêtes, à jouer le psy et le pote pour les clients. Puis, un jour, fin de la course. Rideau de la boutique tiré, chômage, expulsion, clochardisation.
Avec la mort de son ami Alex Bleach, chanteur renommé et tourmenté, ainsi que portefeuille sur pattes, pour Vernon c'est la spirale descendante. Et le début d'une chasse à l'homme dans tout Paris, par plusieurs individus aux intérêts différents. Parce que l'ancien disquaire possède des enregistrements d'Alex, des confessions qu'il n'a même pas écoutées, mais qui mettent sa vie en danger.
Pseudo-polar punk-rock, ce roman en trois actes est surtout un portrait sans concessions (mais sans haine) de notre société, pas seulement du microcosme parisien et de l'univers de la musique.
Vernon est un anti-héros. Il fait ce qu'il peut, comme il peut.
Il peut être veule, opportuniste, égoïste, mais il est tellement habité lorsqu'il s'agit de musique qu'il a influencé et aidé des vies, et puis, surtout, il ne juge personne, jamais. Il a ses convictions, il peut être méprisant sur des goûts musicaux, ça oui, mais il ne se permet jamais de condamner qui que ce soit.
L'écriture est jubilatoire, jouissive, le ton adapté à chaque personnage, ça fuse de tous les côtés, on se prend en plein gu**le, par rafales, la déchéance, la nostalgie, le dégoût, la tendresse. Le regard de Despentes - il y a du vécu ici, c'est sûr - est lucide, parfois blasé, presque toujours caustique, mais jamais mesquin.