10/01/2026
Frank Margerin : l’Enfant du Rock
Lui, il n’a pas de six-cordes, même s’il s’est essayé au Rock à un moment de sa vie, avec le groupe Dennis’ Twist.
Pour s’exprimer, il dispose plutôt de six crayons : un virtuose dans le genre.
Frank Margerin, puisqu’il faut le nommer, a créé des personnages qui ont bercé une partie de notre adolescence.
Lucien et sa banane, Manu, le pendant de Lucien à l’écran, Ricky, Gillou, Nanard, Riton et plus t**d Momo, etc.
L’univers décrit est essentiellement Rock’n’Roll : Jeans, Gomina (très Grease), Perfectos, Tiags, Sneakers (Chuck Taylor All-Stars en toile), Motos (dont Margerin est un grand fan). Seul Momo pourrait faire tache avec son Scooter et le Rap dont il est fan.
Outre ses publications personnelles, Frank Margerin a collaboré avec les magazines : Métal Hurlant et Fluide Glacial. Il a aussi été élu président du Festival d’Angoulême. Bon Prince, il a dessiné la pochette de l’album Éthiopie des Chanteurs Sans Frontières.
Frank Margerin est un Rocker qui joue de la musique avec ses crayons. Né le 9 janvier 1952 à Paris, France, il fête ce jour ses 74 ans.
Bon Anniversaire Maestro !
GBK-M
Un éditorial lui a été récemment consacré sur cette page
: Frank Margerin
Cocorico ! Good Morning, les !
Samedi matin, café trop froid, moral en sourdine. Les turpitudes du long week-end vous ont laissé la tête en pointillés ? Normal. Le Rock’n’Roll, lui, ne dort jamais. Et parfois, il se glisse là où on ne l’attend pas : pas dans les amplis, pas dans les stades, mais dans les marges d’un carnet, sous la pointe d’un Rotring, quelque part entre deux éclats de rire.
Car oui : un rocker n’est pas seulement celui qui braille dans un micro, martyrise une Strat ou incendie une scène. Un rocker, c’est aussi celui qui raconte notre époque avec insolence, celui qui transforme le quotidien en dérapage contrôlé. Et à ce petit jeu, Frank Margerin a mis tout le monde d’accord.
Depuis la fin des années 70, il a refait le portrait de toute une génération à coups de crayons affûtés comme des riffs. Il a inventé un pays parallèle où les bananes tiennent grâce à un litre de gomina, où le cuir grince comme une vieille Telecaster, où les mobs fument, où les jeans neufs n’existent pas. Lucien, Ricky, Manu, Riton, Gillou… et plus t**d Momo, le petit jeune venu en scooter fo**re un peu de Hip-Hop dans le moteur : tous sont devenus les cousins éloignés de nos propres adolescences.
Margerin, c’est la tendresse goguenarde, le regard Rock sur les petits riens, l’énergie brute de Métal Hurlant puis de Fluide Glacial. C’est un trait qui pulse comme une batterie, qui groove comme une basse, qui swingue comme un vieux jukebox. Il a même traversé la scène française bien au-delà de la BD, dessinant la pochette d’Éthiopie pour Les Chanteurs Sans Frontières, accompagnant Angoulême en président inspiré, et laissant dans la culture Pop une empreinte aussi solide qu’un solo de EVH.
Rockeur sans pé**le d’effet mais avec un crayon branché en direct sur le secteur, Margerin a prouvé qu’on peut faire trembler les murs sans jamais monter sur scène. Sa BD sent l’huile chaude, la liberté, l’insolence, la fraternité des virées nocturnes et les lendemains un peu flous.
Frank Margerin, qui est né le 9 janvier 1952 à Paris, continue de tracer, imperturbable.
Et au fond, soyons honnêtes : dans un monde où tout se lisse, où tout s’aseptise, il reste l’un des derniers à avoir gardé le bruit, l’odeur, la hargne, et cette petite étincelle de Rock’n’Roll qui refuse obstinément de crever. Et tout cela à la force de ses crayons jamais à court d’inspiration !
Et puis voilà que je rouvre Ricky Banlieue. D’un coup, le café tantôt fadasse se remet à vibrer comme un vieux ampli qui crache. Avec Margerin, même les samedis ont droit à un rappel.
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Et surtout Bonne Année les Gars…
Et que vive le Rock’n’Roll !
Artwork by Frank Margerin ©