15/04/2026
Quand "je suis" devient "être celui dont je rêve" tout est permis, et souvent le pire : foncer et s'oublier sans s'en rendre compte. Autrefois on parlait de "miroirs aux alouettes", "d’attrape nigaud", de "pièges à cons" pour évoquer ces illusions très séduisantes mais souvent trompeuses parce-que tout n'était pas dit. Aujourd'hui il n'y a plus de nigauds, plus de cons mais une jeune génération bo***ée d'espérances dans un monde hyperconnecté où une boussole ne sert plus à rien si on oublie à quoi elle sert.
Ce récit est glaçant pour un jeune adulte et en même temps presque réconfortant et revigorant pour un senior ; le narrateur n'a que 25 ans en 2025 ; mais son expérience va aussi pour trois générations depuis les années 70... La libération de 68, la fin des "trente glorieuses", l'amour Kleenex, le Sida, "La Movida" à la Française ...sous les pavés la plage... les start-up milliardaires, la fête à tout prix, les stupéfiants, les peoples mis en scène, les réseaux sociaux, les influenceurs... un tourbillon d'étoiles.
En cinquante et quelques années ce sont les mêmes expériences, les mêmes échecs, les mêmes drames, les mêmes réussites qui se renouvellent et au bout reste le titre d'une chanson "Born to be Alive". Un étendard pour des seniors adeptes du Disco certes... mais qu'on se le dise : "Ego sum qui sum" n'est pas qu'une phrase de la bible, c'est la définition d'une présence potentielle forte auprès de celui ou celle qui oublié qui il ou elle est. "Je suis celui qui est" là aujourd’hui et j'ai traversé la même mer que toi bien avant toi.
Christian
"Un premier roman à fleur de peau, qui raconte la chute d'un jeune homme abîmé par l'obsession de la performance sociale et sa tentative fragile et courageuse de réapprendre à vivre.
À vingt-cinq ans, il a déjà appris à ajuster sa voix, ses références, ses gestes, à se transformer pour impressionner en toutes occasions. Dans les nuits parisiennes ou dans le monde de la mode où il travaille, il fume comme James Dean, s'habille comme d'autres idoles et emprunte le cynisme d'auteurs qu'il ne connaît qu'à travers des citations lues sur Babelio. Calibré pour le regard des autres, il avance avec confiance... jusqu'au jour où cette image se fissure.
Il entre alors en clinique psychiatrique, non pour disparaître mais pour éviter l'effondrement. Dans cet espace en retrait du monde, de nouveaux liens se créent, dépourvus des artifices habituels. Un ambigu triangle amoureux se forme, avec celle qu'il surnomme " la Fille " et un mystérieux Marius, régi par des rôles instables et un désir qui ne dit jamais son nom. Au fil des consultations médicales, il saisit davantage l'importance de son passé familial, professionnel et senti mental, jusque-là enfoui car trop douloureux. Peu à peu, ce qu'il croyait maîtriser lui échappe.
Autofiction incandescente, L'arène intérieure explore la construction de l'identité d'un jeune homme du XXIe siècle. Avec une écriture ciselée et un sens de la formule qui ne cesse de surprendre, Ulysse Josselin met en lumière la brutalité d'une société contemporaine fondée sur la célébration des apparences, et nous conduit sur une ligne de crête où il tente, sans certitude, de rester au monde."
Éditions Philippe Rey