16/04/2026
L’art perdu du secret de Juliette Adam
Benjamin a disparu à vingt ans, étudiant en médecine, il s’est volatilisé, laissant derrière lui un foyer figé dans l’attente : Hélène, Isaac, et Suzanne, la petite sœur, condamnés à vivre avec des questions sans réponses.
Puis un jour, dans la foule, Hélène croit reconnaître son fils. Il s’appelle Liam. Ou peut-être pas.
À cet inconnu, elle fait une proposition vertigineuse : jouer Benjamin. Endosser son rôle, réintégrer la maison, faire semblant d’être l’absent. Pour Liam, enfant balloté de familles d’accueil en familles d’accueil, l’illusion devient refuge. Enfin, une place. Enfin, une famille.
Mais qui trompe qui, dans cette comédie du manque ?
Avec l’arrivée de Liam, la vie reprend doucement ses droits, surtout chez le père, comme si l’imposture avait le pouvoir fragile de réparer. Pourtant, l’ombre de Benjamin plane :
S’est-il suicidé ? Est-il encore vivant ? Reviendra-t-il ? Et surtout… pourquoi est-il parti ?
Juliette Adam tisse un roman délicat sur le deuil impossible, la mémoire et le besoin vital de croire. On pense au Voyageur sans bagages d’Anouilh, à cette identité vacillante que l’on reconstruit pour survivre. Et l’écho de je vais bien, ne t’en fais pas d’Olivier Adam résonne en filigrane — clin d’œil subtil, incarné par une certaine Lili.
L’art perdu du secret est un roman tout en retenue, où le silence parle plus fort que les révélations, et où l’amour, même déguisé, reste une tentative désespérée de réparer l’absence. .adam18