26/10/2025
✨ Hier, c’était la Saint Crépin, la fête des cordonniers et bottiers. Un client m’a encore demandé quelles étaient, selon moi, les différences notables entre les années 80/90 et aujourd’hui.
Pour moi, l’évolution majeure tient à la mode et à la relation que nos clients entretiennent avec leurs chaussures.
Dans les années 80/90, on achetait une paire de chaussures pour durer, pour 15 ans ou plus. Le cuir était la matière reine, dessus et semelle, et la durabilité guidait le choix.
Aujourd’hui, une partie des achats se fait en fonction d’un groupe d’appartenance sociale et l’image. On recherche des pièces qui parlent à autrui autant que, voire plus que, ce qu’elles disent de soi.
La durabilité n’est plus systématiquement un critère prioritaire, car beaucoup les portent 3 à 5 ans avant de changer, pour suivre la mode ou le désir de nouveauté.
En parallèle, la qualité des réparations a connu une évolution intéressante : moins soucieux de la qualité de la réparation autrefois, les clients d’aujourd’hui demandent une qualité irréprochable et une attention extrême aux détails. La réparation devient un art fin, souvent déterminante pour l’esthétique.
A mon sens et pour résumer, la paire qui symbolise le mieux cette décennie et représente une facette marquante du marché est sans doute une chaussure telle que la Tabi de la maison Margiela : identifiable et dont la découpe et le traitement demande une précision technique poussée. Un travail particulièrement exigeant, notamment à l’étape de la découpe de l’entre-doigts.
Notre métier continue d’évoluer entre savoir-faire traditionnel et exigences contemporaines (qualité, précision, sur-mesure, storytelling de marque).
Réparer, personnaliser, et allier esthétique à la durabilité reste une valeur centrale pour ceux qui aiment leurs chaussures et veulent les faire durer, tout en restant connectés à leur style.
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