16/05/2026
Coup de cœur pour « Love Languages » de James Albon chez Glénat.
À notre connaissance, ceci est la première bande dessinée multilingue de l’histoire. Il existe bien entendu des livres où les langues s’achoppent, où les protagonistes se heurtent à une incompréhension mutuelle. Faire du langage un sujet plutôt qu’un ressort constitue en revanche une première. La mise en lumière de cette gymnastique passe par des codes couleurs, des formes de phylactères et des traductions simultanées. La narration débridée qui en résulte a ce pouvoir de faire glisser le lecteur dans la peau des personnages.
Ces personnages sont deux femmes exilées à Paris ; l’une est Anglaise, l’autre Hongkongaise ; l’une travaille pour une entreprise obscure où elle subit la barrière de la langue, l’autre est fille au pair et doit elle aussi se dépatouiller avec un français approximatif Après s’être rencontrées puis apprivoisées, les deux se constitueront pas à pas un langage commun emprunté çà et là.
James Albon signe avec « Love Languages » un livre atypique et réjouissant. L’humour y est omniprésent, balançant des saillies dans les interstices des dialogues, des cartouches introspectives et des situations. Il y a beaucoup de légèreté dans la manière d’aborder la rudesse de l’ultra moderne solitude, qui parvient à rendre poétique la moindre contrariété. Les filles sont touchantes à l’extrême, sublimant leur maladresse initiale pour entraîner le récit vers des sphères que les possibilités croisées du langage ont rendues absolues.
Le livre est diponible à la librairie, réservable ici https://www.chez-mon-libraire.fr/livre/9782344072356-love-languages-james-albon/ et éligible à l'expédition là https://www.canalbd.net/esprit-bd/articles/love-languages-1254451/avis-libraires/409788/
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