Les Racines du Vent

Les Racines du Vent Librairie indépendante à Chevreuse

16/12/2023

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11/11/2023

📖 Misericordia, de l’autrice portugaise Lídia Jorge (trad. Elisabeth Monteiro Rodrigues), remporte le Prix Médicis étranger 2023 !

Maria Alberta Nuñes Amado, bientôt centenaire, vit à l’Hôtel Paradis, une maison de retraite qui donne sur l’océan Atlantique. Elle ne peut plus écrire ni se déplacer seule, mais elle a gardé intactes sa mémoire et sa curiosité. Avec humour et lucidité, elle narre sa vie quotidienne et ses relations avec le personnel soignant et les autres résidents, une série de scènes banales, allant d’une séance photo à une invasion de fourmis, qui deviennent soudainement un enjeu fort dans cet espace cloisonné. Malgré la vieillesse, "Dona Alberti" n’a pas perdu son tempérament : elle se révolte contre la maltraitance du personnel et l'homophobie de certains pensionnaires, elle reproche à sa fille d’écrire des histoires qui finissent mal, tout en se plaisant à suivre les histoires d'amour. Elle confie également ses tristesses, ses peurs et ses dialogues agités contre la Nuit.

L’autrice portugaise Lídia Jorge présente son roman comme la transcription fidèle, et à la première personne, d’enregistrements réalisés par sa mère entre avril 2019 et avril 2020, complétée de notes éparses. Elle livre un témoignage bouleversant de la vie intérieure d’une vieille dame au cours de la dernière ligne droite de sa vie. Loin des clichés sur la vieillesse, ce texte s’avère à la fois drôle et fort, lumineux et poétique. Il s’en dégage une grande force vitale et une belle déclaration d’amour maternel.

Misericordia, de Lidia Jorge traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues, Métailé, 2023.

Le 24 novembre, Elisabeth Monteiro Rodrigues, la traductrice du roman Misericordia propose un atelier de traduction du portugais intitulé "À l’ombre des casuarinas". Entrée sur inscription, dans la limite des places disponibles. Retrouvez toutes les informations en suivant le lien : https://agenda.bpi.fr/evenement/atelier-traduction-ombre-des-casuarinas/

11/11/2023

Je déclare par la présente que je n'autorise pas l'utilisation de mes données personnelles et de mes photos !

22/03/2023
14/12/2022
15/11/2022
24/02/2022
10/01/2022

Le 6 janvier 1969 à Paris, eût lieu une rencontre unique entre Léo FERRÉ, Jacques BREL et Georges BRASSENS.

FERRÉ : Je ne suis pas, je ne peux pas être un militant. Je ne peux pas militer pour quelque idée que ce soit car je ne serais pas libre. Et je crois que Brassens et Brel sont comme moi, parce que l’anarchie est d’abord la négation de toute autorité, d’où qu’elle vienne. (…)Je vous assure que quand vous prononcez le mot anarchie, ou anarchistes, même en scène, les gens ne rigolent plus, ils sont d’accord, et ils veulent savoir ce que c’est.

BRASSENS : C’est difficile à expliquer, l’anarchie… Les anarchistes eux-mêmes ont du mal à l’expliquer (…). C’est d’ailleurs ce qui est exaltant dans l’anarchie : c’est qu’il n’y a pas de véritable dogme. C’est une morale, une façon de concevoir la vie, je crois…

BREL : …Et qui accorde une priorité à l’individu !

FERRÉ : C’est une morale du refus. Car s’il n’y avait pas eu au long des millénaires quelques énergumènes pour dire non à certains moments, nous serions encore dans les arbres !

BREL : Je suis entièrement d’accord avec ce que dit Léo. Cela dit, il y a des gens qui ne se sentent pas seuls ni inadaptés et qui trouvent leur salut collectivement.

BRASSENS : Bien sûr. En ce qui me concerne, je ne désapprouve jamais rien, les gens font à peu près ce qu’ils veulent. Je suis d’accord ou je ne suis pas d’accord, c’est tout. Parce que j’avais dit ça, on m’a souvent reproché de ne pas vouloir refaire la société. C’est que je ne m’en sens pas capable. Si j’avais des solutions collectives…

BREL : Mais qui, qui a la solution collective ?

BRASSENS : Il y en a qui prétendent l’avoir. Mais dans le monde actuel, il n’y en a pas beaucoup qui semblent la détenir… [rires] Moi, je ne sais pas ce qu’il faut faire. Si je le savais, si j’étais persuadé qu’en tournant à droite ou à gauche, en faisant ceci ou cela, le monde allait changer, je la sacrifierais ma petite tranquillité ! Mais je n’y crois pas tellement…

FERRÉ : Moi je suis moins lyrique que lui…

BRASSENS : …Toi, Léo, tu es complètement désespéré !

BREL : Il y a un phénomène d’impuissance aussi, qui est absolument affreux, quoi…

- Vous avez donc vraiment l’impression de ne rien pouvoir faire ?

BRASSENS : Non, je fais quelque chose auprès de mes voisins, de mes amis, dans mes petites limites. Je pense d’ailleurs que c’est aussi valable que si je militais quelque part… Ne pas crier haro sur le baudet, c’est une forme d’engagement comme une autre.

FERRÉ : Je trouve que Georges, dans son cœur, il milite bien plus que moi. Parce que moi, je ne crois plus en bien des choses auxquelles il veut croire.

BRASSENS : Je fais semblant, Léo. Je fais comme lorsque l’amour s’en va. Je fais semblant d’y croire, et ça le fait durer un petit peu…

FERRÉ : Non, non. Quand l’amour s’en va, il est déjà parti depuis longtemps.

(Propos recueillis par François-Réne Cristiani et Jean-Pierre Leloir.)

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