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Superbe Promo
07/10/2024

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wfewfefef
14/03/2024

wfewfefef

01/06/2023

4

***MARTINE

— Que fais-tu ? me demande ma sœur Sandra en pénétrant ma chambre.
— Je range mes affaires. Demain, je retourne chez Stephen.
— Tu avais dit que tu n’y retournerais pas tant qu’il ne serait pas venu te supplier.
— Oui, mais le truc, c’est que Stephen a cet orgueil qui l’empêche de s’humilier devant une femme. Mais dans le fond, je sais qu’il m’aime. Il me l’a déjà prouvé plus d’une fois.
— Si tu le dis. Moi à ta place je resterai ici jusqu’à ce qu’il vienne me chercher.
— Et s’il ne le faisait pas ?
— Dans ce cas tant p*s. Je passe à autre chose.
— Tu sais bien que je ne peux pas passer à autre chose. J’aime cet homme plus que tout et je crois fermement qu’il finira par changer. Souviens-toi du couple YOUL dont l’histoire a fait la une des médias. La femme en a bavé pour conquérir son homme, jusqu’à faire la prison, mais regarde‑les aujourd’hui, cet homme ne respire que pour sa femme. Il en est obsédé littéralement. Je les ai rencontrés plus d’une fois et il ne détache pratiquement jamais son regard d’elle. Si Trisha YOUL y est arrivée, alors moi aussi.
— Vos histoires ne sont pas pareilles. Et ce n’est pas parce que pour elle a fonctionné que ce sera forcément ton cas.
— Cesse d’être pessimiste. Stephen changera et tu me féliciteras.
— Je l’espère bien. Mais tu sais que tu as toujours ta place dans cette maison.
— Je sais, sister. Merci de m’accueillir à chaque fois.

Elle me caresse l’épaule et sort. Je boucle ma valise et sors à mon tour avec mon sac à main. Je dois me rendre au bureau. Je retourne demain samedi, chez Stephen avec une nouvelle stratégie. Après analyse, j’ai compris qu’il devenait violent à chaque fois que je lui tenais tête. Cette fois, je vais adopter la douceur. Que ce soit au lit ou dans n’importe quelle situation. Je vais y aller doucement avec lui et je crois qu’ainsi, je gagnerai totalement son cœur.

Je rencontre Hermann dans les escaliers, qui part également au travail.

— Tu es encore là ? lui dis-je pendant que nous descendons les marches.
— J’étais en chemin quand je me rendu compte que j’avais oublié un dossier important. Toi, tu prends ton temps apparemment.
— Ce sont les avantages d’avoir un poste de responsabilité.
— Disons plutôt que tu as un patron cool. Le mien surveille chacune de nos arrivées.

Nous sortons de l’immeuble.

— Je te dépose ? me propose-t-il.
— Non, je vais te mettre en re**rd.
— Je le suis déjà donc mieux vaut en profiter. J’insiste.
— Ok. C’est vraiment gentil.

Il mène la conversation durant tout le trajet, si bien que nous ne sentons pas la distance. J’ai l’impression que nous n’avons roulé que deux minutes.

— Merci pour le service, lui dis-je en détachant la ceinture de sécurité.
— Pas de quoi. Si tu le désires, je pourrais te déposer tous les matins et te chercher à la descente pour que nous rentrions ensemble.
— Ça aurait été super, mais je retourne demain chez mon petit ami.
— Ah, vous vous êtes enfin réconciliés ?
— On peut dire ça.
— C’est génial.
— Ouais. Encore merci !

Je lui embrasse la joue et descends de sa voiture.

***BOYA

Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Pour deux raisons. La première, parce que mon oncle n’arrêtait pas de tourner autour de mon dortoir attendant que je m’endorme pour venir satisfaire sa sale besogne. Il m’avait prévenu et je savais qu’il ne rigolait pas. J’ai dû rester assise toute la nuit et aux aguets pour le dissuader de s’approcher. Dieu merci, il a fini par aller se coucher. La deuxième raison de ma nuit blanche est le fait qu’on ira me faire avorter ce matin. J’ai entendu tellement d’horreur sur les avortements que j’en ai la trouille. Je ne veux pas mourir, je ne veux pas non plus bousiller mes entrailles. Et même si tout se passait bien, je ne veux pas plus t**d subir la colère de Dieu qui va m’empêcher d’avoir des enfants si un jour je rencontrais un homme qui voudrait de moi. De plus, peut-être que personne ne voudra jamais de moi avec mon statut sérologique et que c’est là ma seule chance d’avoir un enfant. Je ne veux pas me faire avorter, mais ai-je seulement le choix ?

— Boya, on y va !

Ma tante tourne les talons sans se préoccuper de ma détresse. Je n’ai d’autres choix que de la suivre. Plus nous avançons dans le trajet, plus je sens mon cœur battre douloureusement. Je pleure en silence. Je ne sais pas si je veux ou pas ce bébé, mais je sais que je ne veux pas avorter. Je ne veux pas prendre ce risque.

— Tantie, on peut donner le bébé dans un orphelinat après l’accouchement.
— Et puis qui va gérer toutes les dépenses durant la grossesse ?
— Je vais continuer à travailler et utiliser mon salaire.
— De te rappeler que c’est ton salaire qui nous aide aussi à gérer toutes nos dépenses ? Et tu veux venir encore diminuer ? Tu as entendu le monsieur ? Il dit qu’il ne veut pas de cet enfant donc allons enlever.

Elle fait signe au chauffeur du taxi de garer à un carrefour. Nous empruntons ensuite une voie au milieu de la broussaille et marchons des minutes durant. Ce chemin ne ressemble pas à un qui mène vers un hôpital. J’ai la confirmation que nous ne nous rendons pas dans un hôpital quand nous arrivons devant une maison inachevée et délabrée.

— Nous sommes où ? ai-je l’audace de demander.
— Chez un monsieur qui fait les avortements moins coûteux. À l’hôpital c’est beaucoup trop cher. On va utiliser le reste de l’argent pour d’autres choses. On doit régler le reste de la scolarité de ta sœur.

La porte s’ouvre sur une jeune fille qui tente vainement de maintenir une autre sur ses jambes. Cette dernière a l’air mal en point. Elle saigne abondamment.

— Il faut lui acheter rapidement les médicaments que j’ai prescrits, hurle un homme depuis l’intérieur. Le sang va s’arrêter, ne t’inquiète pas.

Je suis les deux filles du regard et le sang que je vois couler le long des jambes de l’une me glace le sang. Je referme mes bras autour de moi.

— Je peux vous aider ?

Je reviens à moi au son de la voix de l’homme en blouse blanche tachetée de sang.

— Oui, nous sommes là pour un avortement. Une voisine m’a parlé de vous.
— Rentrez !

Ma tante le suit sans hésiter pendant moi je traine les pas.

— Boya, dépêche-toi ! Je n’ai pas que ça à faire.

J’entre dans la maison et je suis prise d’un horrible frisson. Il y a du sang par terre et sur le lit. Le "docteur" retire le drap et le remplace par un plus propre, tout ça pendant qu’il discute du coût de ses services. Il emballe rapidement quelque chose dans un sachet, mais j’ai eu le temps de voir des choses rouges aux formes étranges. Ce doit être sorti du ventre de l’autre fille. J’observe également des outils posés sur une table.

— Allonge-toi ! m’ordonne le docteur.
— Quoi ?
— Ma petite, allonge-toi on va finir vite. J’ai d’autres clientes à voir.

Je regarde tout autour de moi, je me souviens des filles qui sont sorties tout à l’heure.

— Non, je ne peux pas, dis-je subitement tout apeurée en reculant.
— Tu dis quoi ? s’étonne ma tante.
— Tantie, je ne peux pas. Je ne veux pas mourir.
— Qui a dit que tu vas mourir ? Couche-toi ici vite.

Me voyant reculer, elle essaie de m’attraper, mais je sors de là en courant.

— Boya !!! hurle ma tante. Reviens ici !

Je ne l’écoute pas. Je prends mes jambes à mon cou. Je ne peux pas vivre cette horreur. Il est clair que cet homme détruira ma vie et ma tante n’est pas disposée à me conduire dans un bon hôpital. Je dois sauver ma vie. Je tombe sur les deux précédentes filles. Celle qui saignait est allongée par terre en saignant en abondance. Son amie ne fait que pleurer et appeler à l’aide.

— Oh mon Dieu ! m’écrié-je de plus en plus paniquée. Elle est… morte ?
— Je t’en prie, aide-moi ! Elle ne bouge plus.

Tout mon corps est pris de tremblement. Je suis en train de vivre la pire journée de toute ma vie. La peur de me faire rattraper et retourner de force chez l’autre type m’oblige à reprendre ma course. Le tonnerre se met à gronder et des gouttes se mettent à tomber petit à petit. Je dois trouver une solution.

***STEPHEN

Je gare à peine ma voiture dans le parking de l’immeuble que quelqu’un apparait près de ma voiture. Je reconnais la servante qui est toute trempée. Je vois ses lèvres trembler sans entendre ce qu’elle dit. Je coupe le contact et sors de la voiture. Elle s’agenouille aussitôt devant moi.

— Monsieur, je vous en supplie, aidez-moi.
— Mais, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

Tout ce qu’elle dit est incompréhensible. Elle dit beaucoup de choses en même et très vite.

— Ok, Ok, calme-toi. Montons et tu m’expliqueras plus lentement ce qu’il t’arrive.

Nous pénétrons mon appartement, mais restons non loin de la porte.

— Oui, je t’écoute.
— Je ne veux pas avorter.
— Pardon ? Je ne veux pas de cet enfant.
— Vous n’êtes pas obligé d’assumer. Je vais le faire toute seule. Mais je vous en supplie, aidez‑moi. Je ne peux pas retourner chez ma tante avec cette grossesse. De toutes les façons, elle me foutra à la porte. De plus, mon oncle me harcèle sexuellement. Il veut abuser de moi. Je veux prendre ma vie en main. Je veux m’éloigner de tout ce qui pourrait détruire ma vie.

Elle se met à genou.

— Tout ce que je vous demande, c’est de me garder ici en tant que votre domestique pendant trois mois et avec mon salaire que je vais économiser durant ces trois mois, je m’en irai loin de vous et vous ne me verrez plus jamais. Ni moi ni le bébé. Je ne sais pas encore si je vais le garder ou le donner à un orphelinat, mais j’ai réellement besoin d’argent pour reprendre le cours de ma vie. Aidez-moi, je vous en supplie. Juste trois mois.

La voir si désespérée et en larmes me brise intérieurement. C’est ma faute tout ça. Si je ne l’avais pas… violée, sa vie n’aurait pas éclaté ainsi dans tous les sens.

— Écoute, je ne peux pas prendre de décision tout de suite. J’ai besoin de réfléchir. Laisse-moi jusqu’à demain. Tu peux néanmoins passer la nuit ici.
— Merci beaucoup monsieur.

Je la laisse là et me rends dans ma chambre. Cette histoire est en train de prendre une tournure qui me déplaît. Elle veut que je la garde chez moi durant trois mois. Ce qui veut dire que je vais devoir subir les premiers mois de la grossesse. C’est une mauvaise idée. En même temps, je me sens obligé de l’aider. Je pousse un soupir et me laisse tomber sur mon lit. Je vais d’abord reposer mon esprit et à mon réveil on verra.

Je suis réveillé en sursaut par des bruits provenant du salon. Je sors rapidement voir. Boya sort de la cuisine au même moment.

— Mais qui cogne ainsi comme un sauvage ?

J’ouvre la porte et la tante de Boya entre en me poussant littéralement.

— Elle est où ? gueule-t-elle.
— C’est quoi ces manières, madame ?

Elle voit Boya et balance un gros sac déchiré à ses pieds.

— Puisque tu ne veux pas te faire avorter, tu quittes ma maison parce que je n’ai ni l’argent ni le temps pour m’occuper d’un enfant sans père.
— Madame, calmez-vous s’il vous plaît. Il s’agit de votre nièce. Vous ne pouvez pas la fo**re dehors.
— Et vous, si vous aviez pris vos responsabilités, nous n’en serions pas là. Tant qu’elle gardera cette grossesse, je ne veux pas la voir chez moi. Je vous laisse gérer sa grossesse et son SIDA. Bonne chance à votre bébé sidéen.

Elle ressort et claque la porte. Qu’a-t-elle dit à la fin ? Elle a parlé de SIDA ?

— Que voulait-elle dire par sida ? je demande à Boya en me tournant vers elle.
— Monsieur… je…

Elle recule. Je vois par terre une boite qui s’est échappée du sac en mauvais état. Je la ramasse et je sens aussitôt mes tempes battre.

— Ce sont des ARV ?
— Monsieur ! murmure-t-elle en reculant de nouveau.
— Tu as le sida ?
— Monsieur ! pleure-t-elle cette fois.
— ES-TU SÉROPOSITIVE ???
— Ou… oui, monsieur !

Je laisse la boite tomber.

— Quoi ? Et tu ne m’as rien dit alors que j’ai couché avec toi sans protection ?
— Monsieur !

Je la saisis à la gorge et la plaque contre le mur.

— Donc tu voulais te venger ?
— Non, monsieur !
— C’est pour cela que tu es revenue ? Pour t’assurer que j’ai réellement chopé cette sale maladie tout simplement parce que j’ai refusé cette grossesse ?
— Non, monsieur ! Je…
— Tu dégages maintenant de ma maison.

Je la libère et ramasse mes clés.

— Monsieur, je vous en supplie, ne me faites pas ça.
— Je vais à l’hôpital faire mon test. À mon retour, je ne veux plus te voir. Tu ne touches à rien. Je ne veux pas que tu infectes quoi que ce soit dans ma maison. Prie pour que je ne sois pas infecté sinon je te pourrirai la vie.

Je sors et claque la porte. Je n’ai pas le temps d’attendre l’ascenseur alors je m’aventure dans les escaliers. J’entends Boya me courir après.

— Monsieur, je vous en supplie, ne me mettez pas à la porte. Je n’ai nulle part où aller.
— Ce n’est pas mon problème.
— Je ne vais pas…

Un cri me fait tourner la tête. Avec horreur, je vois Boya dégringoler dans les escaliers.

— M***e ! Boya !

Elle finit inconsciente près de moi.

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31/05/2023

3

***MARTINE

Après un mois et demi, je me suis remise physiquement de ma dernière épreuve, mais j’en suis encore affectée émotionnellement. Je désirais ardemment ce bébé. Outre le fait que je voulais totalement conquérir le cœur de Stephen avec, je voulais moi-même devenir mère. Je me demande parfois ce qui se passe dans la tête de cet homme. Comment peut-on être aussi insensible à tout ? Il se fiche de la vie de couple, de l’amour, des enfants, de la famille, du mariage. Tout ce qui l’intéresse c’est l’alcool, le sexe brutal, la violence et le papillonnage. Le pire dans toute cette histoire, c’est que je l’aime. Je ne peux plus me passer de lui. J’ai cet homme dans la peau. Depuis le premier jour de notre rencontre, je n’imagine pas ma vie sans lui. Pourtant, lui me montre tout le contraire. Il me montre chaque jour, par ses actes, qu’il n’en a rien à cirer de moi. Alors, pourquoi est-ce je reste toujours avec lui ? Uniquement parce que j’ai foi qu’il changera un jour pour moi. Qu’il m’aimera autant que je l’aime ! Il suffit que je sois patiente et que je ne cesse de lui manifester de l’amour. Il finira par céder.

Le retentissement de la sonnette de la maison me fait sortir de ma rêverie. Ma sœur et son fiancé sont tous deux allés au travail. Moi je profite encore de mon petit temps de repos imposé par le docteur. Je vais ouvrir la porte sur le voisin de palier.

— Hey, salut Martine ! Comment vas-tu ?
— Je vais bien et toi ?
— Pareillement. Ta sœur est-elle présente ?
— Euh, non. Encore au boulot.
— Mince !
— Il y aurait-il un souci ?
— Oh, rien de bien grave. Elle avait promis m’aider à faire la cuisine. Je reçois des amis ce soir. Elle m’avait même donné la liste des courses à faire. Bon, je vais devoir commander à manger dehors si elle ne rentre pas à temps. Désolé pour le dérangement.
— Je peux la remplacer, si tu n’y vois pas d’inconvénients.
— Tu ferais ça ?
— Oui ! Je suis là à paresser devant la télé depuis ce matin. Faire à manger pour tes invités et toi ne me ferait pas de mal.
— Je ne veux pas déranger.
— Non, t’inquiète. Laisse-moi fermer la porte et je te rejoins.
— Ça marche. Merci déjà.

Il part chez lui, de sa démarche handicapée. Ça me fait autant étrange de voir un si beau mec avec un handicap. C’est bête de le penser, je sais, mais c’est comme ça. Il a aménagé en même temps que nous il y a quelques années avant que je ne quitte la maison pour aller vivre avec Stephen. Il est plutôt beau gosse, de teint caramel, avec à peu près la même taille que moi et des yeux dormants. Ma sœur n’arrêtait pas de pousser vers lui et elle continue d’ailleurs car elle n’aime pas Stephen. Il est certes beau, mais pas mon goût.

Je rentre chercher mon double de clé pour condamner la porte. Je rejoins Hermann chez lui. J’inspecte les ingrédients achetés et je devine ce que Nadège voulait faire comme bouffe.

— Je peux aider ? se propose-t-il. Ça irait plus vite.
— Oui, viens.

Nous faisons la cuisine ensemble tout en discutant gaiement. Hermann est tellement sympathique qu’il s’entend autant avec moi qu’avec ma sœur. C’est quelqu’un de très réservé. Il peut passer des jours, enfermé chez lui, quand il ne travaille pas, sans que personne ne sache qu’il est là. C’est sa copine qui a de la chance.

Hermann s’active également à la cuisine en suivant les instructions que je lui donne.

— Ça sent déjà très bon, s’extasie-t-il. Les gars vont se régaler. Encore merci pour ton aide.
— Pas de quoi.

Plus d’une heure plus t**d, nous terminons les quatre différents mets que je sers dans des plateaux. Lapin braisé, frites, alloco, attiéké, soupe d’agouti, riz parfumé et couscous au poulet. Nous disposons le tout sur la table à manger dans un coin du salon.

— Voilà, c’est bon.
— Juste à temps. Ils seront là dans une dizaine de minutes. Je ne te remercierai jamais assez.
— Ah, arrête avec ça. J’ai pris un plaisir à le faire. Je m’ennuyais à la maison.
— Et si tu restais avec nous ?
— Moi ? Non, ça va.
— Pourquoi ?
— C’est une soirée entre tes potes et toi.
— Oui, mais c’est chez moi et j’invite qui je veux. En plus, ils sont très cool. Tu verras.
— Je ne veux vraiment pas m’incruster.
— J’insiste !

Il appuie son regard accompagné d’un sourire qui finit par me faire rire.

— OK, c’est d’accord. Laisse-moi le temps de me rafraichir. J’ai beaucoup transpiré.
— Ok.

Je fais comme j’ai dit. Je me rends propre et présentable puis je reviens les trouver tous déjà au complet. Hermann me prend la main et fait les présentations.

— Les gars, c’est Martine. Ma voisine.
— Martine ? Celle dont tu nous as parlé…

Celui qui avait la parole se fait couder par un de ses amis.

— Martine, eux ce sont mes frères du crime. Alfred, le plus fou. Richard, Ulrich et Peter.
— Enchantée, dis-je timidement.

Alfred, effectivement le plus fou, se lève et me fait un baisemain.

— Enfin ravi de connaitre notre future femme.

Je sens Hermann se rapprocher de mon oreille.

— Ne prête pas attention à lui. Il veut à tout prix me caser.

Alfred me conduit par la main et me fait asseoir près de lui. Je suis tout de suite traitée comme une reine. Certains me servent à manger quand d’autres me servent à boire. Je rigole devant autant d’attention. Malgré le fait que je ne les connais pas, ils me mettent à mon aise et m’impliquent dans leur conversation. Durant toute cette soirée, j’oublie mon chagrin. Il me faut en profiter avant de retourner auprès de Stephen.

***BOYA

J’ai dû rentrer plus tôt du travail à cause de douleurs incessantes que je ressens au ventre. Je ne sais pas ce qui m’arrive, j’ai des tiraillements dans le bas-ventre depuis quelques jours. J’ai pris des calmants sans pouvoir arriver à faire passer les douleurs. Aujourd’hui, j’ai bu un médicament traditionnel et depuis j’attends que ça fasse son effet. J’ai un semblant de soulagement, mais alors que je veux me lever pour aller me soulager dans mes toilettes, je suis encore tiraillée. Je reste assise à grimacer en me tenant le ventre.

— Boya, tu as encore mal au ventre ?
— Oui, tantie.
— Mais tu as mangé quoi et puis ça fait une semaine que tu as des douleurs au ventre ?
— Je ne sais pas.

Je me lève et fonce dans les toilettes. Je me soulage plusieurs minutes, je me rince et je sors.

— Toi-là, j’espère que tu n’es pas enceinte ?
— Non, tantie.

Comment veux-tu que je sois quand je n’ai pas de petit ami ? Je n’ai d’ailleurs jamais eu de rapports… oh mince ! J’espère que ce qui s’est passé la dernière fois n’a pas donné de fruit. Non, je ne crois pas. J’ai eu mes menstrues juste après donc ça va.

— Bon, ça devient inquiétant. Allons dans l’hôpital du quartier pour qu’on te donne un traitement.

Je la suis jusqu’au dispensaire où je suis prise en charge. On demande à ce que je passe plusieurs tests. Je sens que je n’aurai rien de mon salaire ce mois. J’avais pourtant prévu acheter des tissus pour me coudre deux nouvelles robes. Après plusieurs minutes, le docteur nous demande de le suivre dans son bureau pour nous lire les résultats.

— Bon, après les examens, il s’avère qu’elle est enceinte.
— QUOI ??? hurle ma tante pendant que moi j’éclate en sanglots.
— C’est ce qui lui cause des douleurs au ventre. Je vais lui prescrire des calmants, mais vous devez aller voir les sage-femmes pour la suite.

Il remplit une ordonnance et la remet à ma tante qui est rouge de colère. Sur le chemin retour, elle ne parle pas. Mais par sa démarche rapide, je sais qu’elle bouillonne de colère. Moi, je suis déboussolée. Je ne peux pas être enceinte. Mon Dieu, pourquoi ma situation va-t-elle de mal en pire ? Un enfant ? Maintenant ? Alors que je n’ai aucune situation stable ? Dans mon état ? Et issu d’un viol ? Cette fois, je suis finie.

La gifle que je reçois une fois à la maison me projette dans le fauteuil avant d’atterrir au sol.

— Comment peux-tu me ramener une grossesse ? commence à me gronder ma tante. Ça ne va pas dans ta tête ? Tu as le SIDA et tu trouves le moyen de te reproduire ? Qui va s’occuper de cet enfant ? Si lui aussi il naît avec le SIDA, ça va nous faire double problème à gérer. Avec toi, nous n’arrivons même pas à être à l’aise dans notre propre maison. Nous nous méfions de tout de peur d’être contaminés. Et toi tu veux nous ramener un deuxième malade ? On peut être inconsciente comme ça ? Avec ta sale maladie, tu n’as pas eu peur de te coucher en bas de garçon ? Tu n’as pas pitié de toi ? Hein ?

Elle me donne des coups que j’essaie de ne pas trop sentir en me protégeant de mes bras. Elle défait son foulard et continue de me fouetter en m’injuriant. Son mari entre au même moment et dès qu’elle lui fait part de la situation, il défait sa ceinture et je sens trois coups dans mon dos.

— C’est la bordellerie que tu veux faire dans ma maison ? gueule-t-il. Donc tu peux écarter tes jambes ? Si tu voulais un homme pour te ba**er, il fallait nous dire, on allait te trouver un mari. Tu as le SIDA, ça ne te suffit pas ? D’ailleurs, qui est l’auteur ?

Je ne fais que hoqueter sans parvenir à parler.

— Parle, hurle-t-il. Qui est ce chien qui t’a engrossée ?

Je continue de hoqueter.

— Tu ne veux rien dire ? Attends, je vais te chicoter encore.

Quand je le vois s’approcher avec sa ceinture, je recule sur mes fesses.

— Je vais parler, dis-je tout apeurée.
— C’est qui ?
— C’est… c’est mon patron.
— Quel patron ? demande ma tante. Le mari de la femme où tu travailles là ?
— Non, où je travaillais avant.
— Donc toi on te dit d’aller travailler, c’est nerf tu t’en vas chercher ? Allons chez lui, il va assumer cette grossesse parce que je n’ai pas l’argent pour m’occuper de toi et ton enfant. Va te changer, on va partir.

Elle disparait dans sa chambre et claque la porte. Je me rends dans mon petit espace transformé en chambre les nuits. Je retire mon haut quand je sens une tape sur mes fesses. Mon oncle m’attrape ensuite par la gorge et me plaque contre le mur.

— Donc toi tu sais écarter tes jambes ? J’aurais dû te ba**er quand j’en avais l’occasion.

Il me pétrit les fesses et remonte à mes seins. J’essaie de me dégager, mais il m’étouffe carrément.

— Mais on va régler ça plus t**d. Je vais acheter des préservatifs et je vais te servir chaque nuit, comme tu cherches garçon apparemment.

Le bruit de la porte à l’intérieur le fait sursauter et il s’éloigne de moi. Il disparait à l’intérieur. Je me change et nous nous mettons en route pour la maison de monsieur Stephen.

***STEPHEN

J’interromps le travail sur lequel j’étais et je vais ouvrir la porte à Josiane. J’ai été un tout petit peu surpris qu’elle m’appelle, un mois après notre première idylle, pour demander qu’on remette le couvert.

— Bonsoir, me salue-t-elle en entrant.

Elle glisse sa main sur mon torse et pose ses lèvres sur ma joue. Je referme la porte derrière elle.

— Je ne pensais pas que tu reviendrais vers moi, lui dis-je en me retournant vers elle.
— Il faut dire que tu m’as beaucoup manqué ces dernières semaines. Et avec du recul, ce n’est pas si mal de faire l’amour de façon si sauvage. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, mon corps en réclamait. Alors, je suis prête m’adapter si cela peut me permettre d’être avec toi.

Elle jette son sac par terre et se jette sur mes lèvres.

— J’ai une copine. Nous vivons ensemble, mais nous sommes en froid depuis un moment.
— Ça ne me dérange pas. Quand elle reviendra, si jamais elle revient, nous nous verrons dehors.

Elle saisit de nouveau mes lèvres avec fougue. Je la soulève et la conduis à ma chambre. Je la jette sur le lit. Elle rigole.

— C’est bien. Fais sortir la bête qui est en toi.

Je la regarde et je n’ai qu’une seule envie, celle de lui faire mal. Je retire mes vêtements en même qu’elle retire les siens. Je la retourne sur le ventre comme une crêpe, puis, alors qu’elle se met à quatre pattes, j’enfile une protection et je la pénètre sèchement sans me préoccuper si elle était assez lubrifiée. Je la cogne durement. Elle geint de douleur par moment et aussi de plaisir. Cette fille adore le danger. Je lui agrippe le cou et j’y vais plus fort. Elle se débat et change de position, se mettant en missionnaire.

— Je déteste qu’on me résiste.

Je la soulève par le cou, puis contre mur, je la cogne avant de la pénétrer de nouveau avec force. Cette fois, elle a mal. Elle tente de se dégager de mon emprise. Je lui flanque une gifle.

— Arrête de me résister, pu**in. C’est moi qui commande.

Je la projette par terre et je termine cette longue partie avec des coups de plus en plus brutaux. Je remarque son corps rempli de bleus. Je me relève et me rends dans la salle de bain, me prendre une do**he. Elle me rejoint sous le jet d’eau.

— J’ai adoré, souffle-t-elle. C’est ma première expérience de sexe be***al et je crois que je vais en devenir accro. J’ai encore envie de toi.

Quand elle me touche, je grimace de dégoût.

— Va-t’en ! je lui lance sans me retourner.
— Tu n’as pas encore envie ?
— J’ai envie de rester seul. J’ai du boulot à terminer.
— Ok. On se voit demain ?
— Oui !

Elle pose un ba**er dans mon dos et part. Après chaque rapport, je ne ressens que du dégoût. Pour moi et pour ma partenaire. Je ressens du dégoût pour tout. Je dois sortir boire comme chaque soir pour parvenir à dormir paisiblement.

Je ramasse mes clés, mes portables et je marche vers la sortie. J’ouvre la porte et je tombe nez à nez sur un couple dont la femme s’apprêtait à taper.

— Bonsoir, monsieur, me salue l’homme. C’est vous monsieur Stephen ?
— Oui, bonsoir. Que puis-je faire pour vous ?
— Vous reconnaissez cette fille ?

Il tire quelqu’un derrière la femme et je reconnais tout de suite mon ancienne fille de ménage.

— Euh oui. Elle travaillait ici. D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi elle a disparu.
— Disparu ? s’étonne la femme. Elle nous a dit que c’est vous qui aviez voyagé.
— Voyager ? Non. J’étais là. Que se passe-t-il ?
— Il se passe qu’elle dit être enceinte de vous.
— Hum ? Quoi ? Attendez, je crois qu’il y a erreur.
— Monsieur, pouvons-nous entrer et tirer cette histoire au clair ?

Je leur cède le passage malgré moi. Je suis bien curieux de savoir ce que cette gamine dira pour prouver que je suis l’auteur de sa grossesse. Je les installe et prends place en face d’eux. Je regarde la fille qui n’a pas relevé la tête depuis le début.

— Boya, veux-tu bien m’expliquer comment j’ai pu te mettre enceinte alors que je n’ai jamais levé les yeux sur toi avec désir et que ça fera bientôt deux mois que tu as déserté la maison sans rien dire à ta patronne ?

Elle se triture les doigts. La colère me monte au nez.

— Tu vas parler, oui ? je lui hurle, au bout des nerfs.
— C’était… cette nuit-là… où vous avez… battu madame et qu’elle a quitté la maison. Vous… êtes rentré très t**d et saoul.
— Comme chaque soir. Donc quoi ? Tu m’as plusieurs fois vu dans cet état et jamais je ne t’ai touchée.
— Cette nuit, vous aviez trébuché et je vous ai aidé à vous rendre dans votre chambre. Ensuite…

Elle se tait et joue avec ses doigts. Elle est sérieusement en train de m’énerver.

— Boya, soit tu parles, soit je te fous à la porte.
— Vous m’avez prise pour madame et vous avez voulu coucher avec moi. J’ai résisté, vous vous êtes mis en colère parce que j’osais vous défier. Vous n’arrêtiez pas de dire que vous aviez horreur qu’on vous résiste et vous… m’avez violée.

Je sens mon être se liquéfier. Je l’ai quoi ?

— Non, ce n’est pas possible. Je ne peux pas t’avoir violée. C’est une fausse accusation.
— Je dis la vérité, je vous le jure. Vous vous êtes endormi aussitôt et je suis partie pour ne plus revenir.

Ça ne peut pas être possible. Je me souviens m’être réveillé, la queue en l’air, avec cette sensation d’avoir couché toute la nuit. Mais j’ai cru que c’était avec Martine.

— Qu’est-ce qui prouve d’abord qu’elle est réellement enceinte ? je leur demande dans l’espoir de trouver un élément qui me disculperait.

La femme me tend une enveloppe dont j’inspecte le contenu. OK, elle est véritablement enceinte, mais ça ne prouve pas que ce soit de moi.

— Je suis désolé, mais je ne crois pas que ce puisse être moi l’auteur. C’est monnaie courante de voir de jeunes filles coucher à tout va puis attribuer leur grossesse au plus stable financièrement. Vous devez voir avec son copain.

La petite se met à pleurer de plus belle.

— Je n’ai aucun petit ami. J’étais vierge.

Cette révélation me donne un frisson. Je me lève et fais un tour sur moi-même en réprimant un rire nerveux.

— Écoutez, il n’y a aucune preuve de toutes ces allégations. Boya peut très bien mentir pour me soutirer de l’argent. Je n’ai violé personne. Je m’en serais souvenu sinon.
— POURTANT C’EST LA VÉRITÉ, hurle Boya.
— DANS CE CAS, JE N’EN VEUX PAS, je hurle à mon tour avant de me reprendre. Si cette grossesse est réellement de moi, je n’en veux pas. Tu en es encore au début alors tu vas te faire avorter.
— Quoi ? Non. Je ne veux pas, s’oppose-t-elle.
— Je n’ai pas l’intention d’être le père de cet enfant alors tu t’en débarrasses. Un instant.

Je vais dans ma chambre, prendre un peu d’argent et je reviens les jeter devant eux, sur la table basse.

— Voici 300 000 FCFA. Enlevez cette grossesse et gardez le reste comme dédommagement. Elle est jeune, elle pourra se concentrer sur son avenir. Je veux voir les preuves de l’avortement une fois fait. Maintenant, sortez de chez moi.
— Monsieur, elle affirme que vous l’avez violée.
— A-t-elle des preuves ? Non, donc allez-vous-en et que je ne vous vois plus. Tout ceci peut être une mascarade pour me soutirer de l’argent.

Le couple s’échange un regard puis décide de s’en aller avec l’argent. Non, mais n’importe quoi ! Je reste là à ruminer un moment avant de me décider à sortir. Je me rends dans mon bar habituel où j’enfile verre sur verre. Oser m’accuser de viol ? Quel toupet ! Jamais je ne ferais une chose aussi ignoble. Malgré mon envie irrépressible de rejeter cette accusation, une voix en moi essaie de me convaincre de la véracité.

— Mais non, ce n’est pas possible, me dis-je à moi-même.

L’alcool commençant à faire son effet, je décide de me rendre chez Laurence. Il n’est pas de garde ce soir. J’arrive chez lui et c’est sa femme qui vient m’ouvrir.

— Bonsoir, Zoé ! Il est là ?
— Oui. Il est déjà au lit. Mais rentre, je vais le prévenir.
— Merci !

Je me serre un verre de vin et je m’assieds dans le salon. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me débarrasser de cette petite voix accusatrice en moi ?

— Stephen ? Il y a un souci ?

Laurence, vêtu de son pyjama, s’assied dans le fauteuil près de moi.

— Te souviens-tu de la jeune fille qui travaillait chez moi ?
— La fille de ménage que Martine avait embauchée ?
— Celle-là même. Figure-toi qu’elle est venue chez moi ce soir avec ses parents pour m’accuser de l’avoir mise enceinte.
— Comment ? Tu entretenais des rapports avec elle ?
— Jamais de la vie. Ce n’est qu’une gamine, en plus une bonne. Qu’aurais-je fait avec elle ?
— Dans ce cas, sur la base de quoi peut-être affirmer pareille chose ?
— Elle prétend que je l’ai violée, une nuit quand j’étais saoul.

Il me regarde étrangement.

— Quoi ? Ne me dis pas que tu la crois ?
— J’attends que tu me dises quelque chose. Explique-moi ce qui s’est passé.
— Selon ses propos, je suis rentré saoul après une violente dispute avec Martine. Tu sais, cette même nuit où elle a perdu sa grossesse. J’aurais trébuché, elle m’a aidé à regagner ma chambre, ensuite je l’ai prise pour Martine, j’ai voulu coucher avec elle, elle a résisté, ça m’a mis en rogne, je l’ai violentée et violée en ne cessant de répéter que j’avais horreur qu’on me résiste.

Il arque un sourcil après la dernière phrase. Nous échangeons un long regard qui me fait stresser. Je me lève et fais un tour sur moi.

— Je ne peux pas l’avoir fait.
— Excuse-moi de le dire, mais si on veut prendre la signification exacte du viol… tu l’as déjà fait, à maintes reprises, avec Martine. Pour ne parler que d’elle seule.
— Tu me traites de violeur ? m’énervé-je.
— Non ! Je dis juste que… (il soupire) tu n’es pas un violeur, mais inconsciemment, tu le fais. Pour toi, c’est normal, mais pour ces femmes, c’est douloureux.

Je cogne dans le mur en poussant un râle.

— Je n’ai violé personne, hurlé-je. Je ne suis pas un violeur.
— Doucement, les enfants dorment.
— Mais tu me traites de violeur.
— Non, Stephen. (Il se lève) Prends conscience que tu refoules tes blessures sur les femmes.
— Mais m***e, je n’ai aucune blessure. Tu recommences.
— Bon ! OK, nous allons nous calmer, dit-il en se rasseyant. Qu’as-tu fait avec la jeune fille ?
— Je leur ai donné de l’argent pour qu’elle se fasse avorter. Si c’est réellement de moi, ils le feront. Dans le cas contraire, ils iront l’attribuer au véritable père.
— Stephen, tu vas vraiment faire avorter une gamine ? Elle a tout au plus seize ou dix-sept ans. Tu ne peux pas lui faire ça. Et s’il y avait des conséquences graves ? Tu y as pensé ?
— J’ai donné assez d’argent pour qu’elle le fasse dans un bon hôpital. Je te l’aurais envoyé si tu n’étais pas contre ça.
— Oui et ça ne risque pas de changer. Mais je trouve ça vraiment méchant que tu fasses subir une telle chose à cette fille.
— Que voulais-tu que je fasse ?
— Que tu assumes pour une fois, hausse-t-il le ton. Tu ne vas pas passer toute ta vie à imposer l’avortement à toutes celles qui croiseront ton chemin. Tu ne te rends pas compte des conséquences de cet acte. Si ça se passe mal, c’est une vie qui sera gâchée. Tout ça pour quoi ? Parce que tu refuses d’affronter ton passé comme un homme. Tu fais c***r à la fin.
— Est-ce un crime de ne pas vouloir d’enfant ?
— Tu ne veux pas d’enfant, tu ne veux pas te marier. Dis-moi donc, en dehors de ton travail, c’est quoi ton but dans la vie ?

Je le regarde en ruminant ma colère.

— Tu vois, tu ne sais que faire de ta vie. En dehors de ton prestigieux poste, il n’y a rien qui te donne goût à la vie. Il n’y a rien qui puisse te donner envie de te battre, de résister à toutes les épreuves. Tu ne fais que boire, coucher avec n’importe qui et faire mal à toutes les femmes que tu rencontres. Vas-tu rester ainsi jusqu’à terminer tes jours ? Tu prends de l’âge et ta vie n’a toujours aucun sens.
— Ne me parle pas ainsi.
— Tant que je serai ton frère, je te dirai la vérité. Tu dois te faire soigner.
— Va te faire fo**re !

Je sors de chez lui, tout enragé. Je déteste quand il se joue les moralisateurs. Je me lance en pleine vitesse dans le trafic sans m’arrêter de rouspéter. Laurence pense me connaitre mieux que moi même. Il pense que je suis un malade mental qui a besoin de se faire suivre par un psychologue. Il me prend pour l’un de ses patients. Je n’ai pas besoin d’aide. Je n’ai besoin de personne. Je suis adulte et je sais pertinemment ce que je fais. Qu’il ne s’attende plus à ce que je lui confie encore mes déboires.

Je suis tellement sur les nerfs que je dépasse un feu rouge sans faire attention. Je freine brusquement en voyant une voiture sortir devant moi. Je réussis à réduire la vitesse de la voiture, mais je touche malgré tout l’arrière de la voiture.

— Et m***e !!!

Je sors en même temps que l’occupant de l’autre véhicule. Je regarde les dégâts que j’ai occasionnés.

— Pu**in ! Vraiment toutes mes excuses, monsieur. Pouvons-nous s’il vous plaît régler cela à l’amiable sans impliquer la police ? Je vais tout de suite appeler mon mécanicien. Je paye tout. Ça vous va ?
— Euh, OK, accepte-t-il pour mon plus grand soulagement.

Alors que je compose le numéro de mon mécanicien, je suis pris d’un léger tournis. Je titube légèrement et l’homme m’attrape le bras.

— Monsieur, est-ce ça va ?
— Euh, oui. Je suis un peu trop stressé ces jours-ci.

Il m’aide à m’adosser sur ma voiture. Je souffle un moment pour mieux me reprendre avant de lancer l’appel.

— Vous devriez vous faire soigner.
— Non, ça va. Je n’ai pas besoin de docteur. Juste d’un peu de repos.
— Je ne parlais pas de docteur. Mais d’un psychologue.
— Pardon ?

Je lève les yeux vers lui et je suis immédiatement pris de frisson. Son allure fait flipper tout à coup.

— Le mal qui vous ronge vous pourrira la vie si vous ne vous soignez pas.
— J’ai dit que je n’étais pas malade. C’est juste un vertige.
— Je vous parle de tout autre chose. Une situation assez difficile se produira bientôt, et si avant ça vous n’êtes pas guéri, vous allez faire assez de dégâts autour de vous avant de vous donner la mort.
— De quoi parlez-vous ? Et qui êtes-vous ?

— Elijah ? Appelle une voix derrière le type. Tout va bien ? J’étais en patrouille et j’ai vu ta voiture.
— Oui, tout va bien.

Il se tourne vers moi.

— Laissez tomber pour la voiture. Je crois que vous avez assez de problèmes à gérer comme ça. Passez une bonne soirée.

Il s’éloigne avec son ami et moi je les regarde s’éloigner sans pouvoir bouger. Les mots de l’homme tournent en boucle dans ma tête. Que voulait-il dire par une situation assez difficile se produira ? De quelle situation s’agit-il ? Et il a parlé de me donner la mort. Tchip, ce doit être un de ces arnaqueurs qui font des enquêtes sur la vie des gens pour pouvoir les berner et leur soutirer de l’argent. Sinon, moi Stephen, me suicider ? Lol, n’importe quoi !

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