19/06/2026
☀️ Assurément, la lecture de votre été!
"I giorni di vetro", traduit "Les jours de verre" par Romane Lafore pour Gallimard, déploie une vaste fresque historique qui plonge le lecteur dans l’Émilie-Romagne fasciste, de 1920 à 1946. À travers les destins croisés de deux femmes, chacune opposant à sa manière une forme de résistance à la brutalité du régime, l’autrice explore les blessures d’une époque marquée par la violence et l’oppression.
L’intrigue se déroule dans la région de Forlì, ville natale de l’autrice elle-même. Elle suit le parcours de Redenta, une jeune fille fragile, née malade dans une famille pauvre au début des années 1920. Tandis que le fascisme étend progressivement son emprise sur le pays, son destin croise celui d’Iris, institutrice engagée dans la résistance.
Couronné d’un large succès en Italie, le roman m'a séduite par l’ampleur de sa reconstitution historique et la force de son souffle romanesque. Nicoletta Verna dresse un portrait sombre et saisissant de l’Italie fasciste : la misère qui frappe les campagnes et les zones montagneuses, les mentalités souvent enfermées dans les préjugés et les superstitions, la condition subalterne des femmes, mais aussi l’idéologie viriliste qui imprègne la société entière.
Le récit s’élargit ensuite aux grandes tragédies de l’histoire italienne. La campagne coloniale menée par Mussolini en Éthiopie révèle la violence d’une entreprise impérialiste dont beaucoup d’Italiens ignorent jusqu’à l’existence du territoire visé. Puis viennent les années de guerre, la capitulation de 1943, la création de la République de Salò, l’occupation nazie et la spirale de violences qui s’ensuit. Dans les maquis se constituent alors des groupes de partisans communistes et antifascistes, porteurs de l’espoir d’une libération à venir…
De l’ouverture à l’épilogue, ce roman, telle une rencontre entre "L’amie prodigieuse" d’Elena Ferrante et "La Storia" d’Elsa Morante, emporte par son souffle puissant !
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Gallimard