28/07/2026
Bonjour,
Voici quelques mois le petit magasin fermait ses portes.
J’avais juste laissé ce mot sur la porte sans autre explication sur le moment car cela ne me semblait pas nécessaire.
Peut-être y aura-t-il des personnes intéressées par ce qui suit ? Aujourd’hui, j’ai envie de m’exprimer.
Cela a été une vraie expérience personnelle, pas un échec car j’ai besoin d’expérimenter pour savoir si une activité me convient ou pas.
On peut faire des extrapolations en pensée, l’expérience qu’on fera sera toujours différente et elle est nécessaire pour savoir si on aime vraiment quelque chose, si on s’y sent à sa place
Je pense que c’aurait été un échec si je n’avais pas tenté, ou si au contraire j’avais insisté, à cause du simple fait que je m‘étais beaucoup investi au départ.
Cela n’a pas été un échec non plus car j’ai fait les choses avec coeur et du mieux que je pouvais.
Et puis pour tout ce que j’ai aimé faire, et puis surtout les personnes particulières que ce petit magasin a pu faire venir… J’ai encore le souvenir de discutions enrichissantes, je suis heureux de les avoir vécu.
Aujourd’hui j’aimerais dédier cette expérience à toutes les personnes en marge, toutes ces personnes extra-ordinaires par leur fonctionnement qui à la fois ont du mal à trouver leur place et sont continuellement en recherche de vérité car c’est pour eux un besoin comme de respirer.
Époque oblige, à ces personnes qu’à présent on a besoin de mettre dans des cases, par exemple tsa, tdah et divers troubles associés.
A qui il est demandé de s’adapter à un fonctionnement qui n’est pas le leur, ce qui est insensé car c’est cela justement qui crée le handicap… Même au nom d’un discours inclusif.
Car que valent « inclusion » et discours éthique s’il faut attendre qu’on vous ait collé une étiquette, qu’on vous ait pathologisé pour qu’on vous respecte ? S’il faut attendre ça et que chacun reste à sa place et dans son rôle, est-ce vraiment de l’amour et du respect ? Est-ce réellement inclusif ?
Quand auparavant et sans explication on vous avait méprisé ? Ethique, inclusion, ou plutôt un genre d’ego ou de narcissisme ? Ou même un pouvoir sur les esprits par le discours ?
J’aimerais dédier mon expérience à ceux-là qu’on a voulu tordre dans les écoles pour les adapter à un fonctionnement unique, tout comme ce qui se passe dans le monde du travail. Ou alors, si vous ne vous pliez pas, vous risquez fort de devenir le bouc émissaire ! Non, ce ne sont pas les esprits fragiles qu’on a tendance à harceler, mais bien ceux qui résistent.
J’aimerais dédier mon expérience à ceux à qui il est proposé un monde qui semble de plus en plus faux et dénué de sens, où ce qu’on appelle « dialogue »ce n’est pas chercher la vérité ensemble, sans prendre parti, mais bien souvent une joute verbale de mauvaise foi où plus rien ne serait vrai et où tout serait binaire et rhétorique… Où on pourrait tout relativiser… Pour défendre sa posture de départ… Un fonctionnement majoritaire imposé de façon silencieuse, une tyrannie invisible qui fait souffrir ceux pour qui la cohérence et le sens de ce qu’on dit sont essentiels.
Et pour qui le fonctionnement hiérarchique et autoritaire de ce monde n’a aucun sens.
Alors, on pense qu’ils seraient « un problème » et aussi, désobéissants !
Un fonctionnement majoritaire et imposé qui crée bien des souffrances inutiles et tant de gâchis quand les personnes extra-ordinaires auraient tant à apporter si on les écoutaient plus au lieu de considérer qu’elles seraient dérangées, parce minoritaires et pas dans les clous…
Imposer des codes sociaux de manière unilatérale est une réelle tyrannie silencieuse, tout comme juger de façon erronée ceux qu’on ne comprend pas avec ces mêmes codes est une injustice.
Et puis j’aimerais aussi dédier mon expérience aux maladies rares et chroniques, ayant moi-même commencé mon activité 3 ans après un lymphome rare, à un stade avancé, sachant qu’un jour il reviendra.
Et aussi aux travailleurs dont on ne veut plus sur le marché du travail quand ils s’approchent de la soixantaine, particulièrement ceux qui ne veulent plus s’abîmer la santé pour les autres ni être sous emprise parce qu’il ne sont pas bien nés, pas avec un réseau de relations ni dans le monde de l’argent.
Ceux-là même qui ne seraient pas censés faire ce que j’ai fait dans ce monde qui voudrait que chacun reste à sa place, et où la place de certains serait plus légitime comme s’il y avait un ordre naturel… mais contre lequel on a envie de s’insurger, en la prenant comme on peut, la place qu’on ne vous a pas laissé.
Ce que j’ai fait sachant d’où je viens et en ayant fait beaucoup de choses par moi-même, j’en suis fier.
Et si au lieu de se dire inclusif ou que sais-je comme de belles vertus qu’on admirerait en soi avec un sentiment de supériorité morale, on commençait par se respecter vraiment ?