16/04/2026
Serigne Mansour,
Dans l’hommage que vous avez rendu à Cheikh Al Maktoum, vous n’avez pas simplement rappelé un souvenir ; vous avez, avec une rare élévation d’âme, ressuscité une présence. Par la force de votre parole, par la justesse de vos images et la profondeur de vos témoignages, vous avez fait revivre une figure dont la lumière continue d’irriguer les cœurs et d’éclairer les consciences.
Vous avez su, avec finesse et hauteur, dévoiler les multiples dimensions de cet homme d’exception : leader charismatique, homme d’action, bâtisseur d’esprits et d’âmes, guide inspiré dont l’empreinte traverse le temps et féconde les générations. Ainsi, votre discours n’a pas seulement instruit ; il a éveillé, il a élevé.
En inscrivant ce centenaire dans une temporalité signifiante, vous avez convié l’assistance à une méditation subtile sur le sens des événements. Le rappel des dates de disparition de Serigne Babacar, le 25 mars, et de Serigne Mansour Balkhawmi, le 29 mars — l’un un lundi, l’autre un vendredi, dans une même semaine — n’était pas une simple coïncidence évoquée, mais une invitation à lire, au-delà du visible, les signes que le Très-Haut dépose dans le cours du temps. Entre hasard apparent et sagesse divine, vous avez ouvert un espace de réflexion profonde.
Vous avez également magnifié, avec élégance, la qualité remarquable de l’organisation ainsi que la hauteur intellectuelle et morale des éminents membres du comité scientifique, dont la mission est de porter cette œuvre de mémoire avec rigueur et clairvoyance.
Lorsque vous avez évoqué votre relation avec Serigne Cheikh, vos paroles ont pris une résonance particulière, empreinte de sincérité et de noblesse. À travers vos confidences mesurées, vous avez laissé entrevoir une relation faite d’affection, de reconnaissance et d’élection spirituelle, marquée par des gestes et des attentions qui témoignent d’un lien d’exception.
Mais votre propos ne s’est pas arrêté à la contemplation du passé. Dans un élan lucide et responsable, vous avez appelé à la fécondité de cet héritage, exhortant les organisateurs à faire des conclusions de ce colloque un levier pour l’édification du Sénégal, dans ses dimensions politique, religieuse et sociale. Car, comme vous l’avez si justement souligné, un tel rassemblement ne saurait se réduire à une commémoration : il doit devenir une source vive, un principe actif, une orientation pour l’avenir.
Ce colloque doit ainsi s’inscrire comme un héritage en mouvement, porteur d’équilibre, de responsabilité et d’engagement, au service des générations présentes et à venir.
Enfin, vous avez dissipé toute ambiguïté sur la nature profonde de votre lien avec Serigne Cheikh, en rappelant ces paroles d’une portée hautement symbolique : lorsqu’il affirmait être le fils aîné de Serigne Moustapha Sy, tout en vous reconnaissant comme son propre fils aîné. Par cette parole, il consacrait bien plus qu’une proximité : il établissait une filiation spirituelle, une transmission de lumière et de responsabilité.
Dès lors, votre présence à ce colloque apparaît dans toute sa vérité : non seulement comme celle d’un héritier, mais comme celle d’un prolongement vivant, d’une mémoire incarnée, d’une parole fidèle et assumée.
Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, vous accorde Sa protection, vous comble de Sa lumière et vous guide avec sagesse dans l’accomplissement de la mission élevée qui est désormais la vôtre.
Serigne Mbaye Seye
Khalife de Mame Samba Yacine SEYE
NGOUMBA GUÉOUL
Source: Page Djamil Tv