06/11/2021
LE 4 NOVEMBRE 1922: DÉCOUVERTE DU BUST
DE TOUTANKHAMON.
Il y a exactement 99 ans que le Bust de Toutankhamon a été découvert.
Toutânkhamon (né vers -1345, mort vers -1327) est le onzième pharaon de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire). Selon les dernières études génétiques, il est le fils d'Akhenaton et de la propre sœur de ce dernier, dont l'identité est inconnue, mais désignée comme Younger Lady[n 3], dont la momie est répertoriée KV35YL. Manéthon l'appelle Chebres.
On ne sait pas pourquoi ce n'est pas lui qui succède directement à son père. Peut-être est-ce à cause de son trop jeune âge à l'époque, environ neuf ans (on trouve aussi cinq ou six ans), dans une période de troubles, de remise en question des religions, de bouleversement des valeurs traditionnelles et de risque de guerre avec les Hittites. Il règne jusqu'à l'âge de dix-huit ou dix-neuf ans (certains spécialistes, comme Marc Gabolde et Edward Frank Wente, disent vingt ans). Son règne est situé entre les années -1336 / -1335 et -1327.
De son temps, Toutânkhamon n'était pas considéré comme un grand pharaon, en raison de son court règne. Il doit sa célébrité à la découverte de sa sépulture par l'archéologue britannique Howard Carter le 4 novembre 1922 et au fabuleux trésor qu'elle recèle. La notoriété de la découverte augmenta grâce à une légende reprise par la presse de l'époque et faisant état d'une malédiction du pharaon.
Toutânkhamon naît en l'an XII du règne d'Akhenaton à Thèbes ou à Akhetaton, où il grandit dans le cercle de la famille royale. Son nom de naissance, Toutânkhaton, signifie « Image vivante d'Aton », c'est-à-dire la réincarnation terrestre du dieu.
Selon une enquête sur l'ADN des momies royales menée en 2010 par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, les deux parents de Toutânkhamon sont frère et sœur. Ils sont les enfants du pharaon Amenhotep III et de la reine Tiyi. Le père de Toutânkhamon est identifié comme étant la momie trouvée dans la tombe KV55, dont certains égyptologues, dont Zahi Hawass, pensent qu'il s'agit d'Akhenaton. La momie de sa mère a été trouvée dans la tombe KV35, elle a été surnommée la Younger Lady (« la Dame plus jeune »). Elle n'est pas formellement identifiée. Les seules sœurs connues d'Akhenaton sont Satamon, Iset, Henouttaneb et Nebetâh. Les trois premières ayant épousé leur père, Amenhotep III, Nebetâh serait peut-être la Younger Lady, et donc la mère de Toutânkhamon.
Selon Marc Gabolde, vu le resserrement du patrimoine génétique de la famille royale par la pratique de mariages consanguins, il est fort possible que la momie Younger Lady soit celle de Néfertiti, cousine germaine d'Akhenaton par ascendance paternelle et maternelle.
Après sa naissance, il est éduqué par la « nourrice royale » Maïa (ou Maya), « celle qui a nourri le corps de dieu », dont la tombe a été trouvée par Alain-Pierre Zivie à Saqqarah. Son éducation se poursuit sous l'autorité d'un précepteur, le « père divin » Sennedjem, dont la tombe a été trouvée à Akhmîm, en Haute-Égypte, par une mission australienne sous la direction de Boyo Ockinga.
Toutânkhamon a emporté dans sa tombe ses fournitures de petit écolier : une palette de scribe en ivoire à son nom, dans laquelle subsistent des pains d'encre rouge et noir-bleu ainsi que sept calames permettant d'écrire; un étui à calames en bois plaqué d'or et incrusté de cornaline, d'obsidienne et de pâtes de verre colorées dont le couvercle est en ivoire; un lissoir permettant de rendre son intégrité au papyrus après en avoir gommé les erreurs. L'entraînement physique, comme le tir à l'arc, la course en char, la chasse dans le désert, fait également partie de son éducation.
Il est élevé dans le culte du dieu unique Aton.
Il accède au trône vers 1335 avant notre ère, à l'âge de neuf ou dix ans. Il épouse alors sa sœur Ânkhésenamon.
Il est le père de deux filles mort-nées. L'examen tomodensitométrique de leurs momies réalisé en 2011 a révélé qu'un des fœtus est mort à cinq ou six mois de grossesse, l'autre à neuf mois de grossesse. Aucune anomalie congénitale ou autre cause de leur mort n'ont été trouvées.
Chaque pharaon avait plusieurs noms, de famille, d'enfance, religieux, de couronnement. Dans le cas de Toutânkhamon, le cas se complique puisque sous le règne d'Akhenaton il a été d'abord Toutânkhaton avant le rétablissement du culte d'Amon. Les cartouches les plus fréquemment représentés sur les objets lui ayant appartenu sont le 4e nom : titre de fils de Rê : T-ou-t-ankh-Imen heqa-Iunu-shema (L'image vivante d'Amon, seigneur de l'Héliopolis de Haute-Égypte) et le 5e nom, le plus connu visuellement : le titre de roi de Haute et Basse-Égypte : Neb-Kheperou-Rê (les manifestations divines de Rê).
Vers l'an -1338, Akhenaton meurt. Lui succède alors la reine Ânkh-Khéperourê, reconnue aujourd'hui comme la demi-sœur aînée de Toutânkhaton, Mérytaton. Elle disparaît rapidement pour des raisons inconnues ; bien qu'il ne soit encore qu'un enfant de neuf ans, Toutânkhaton monte sur le trône de la Haute et Basse-Égypte. Il est légitimé en épousant Ânkhésenpaaton, née à la fin de l’an VII d'Akhenaton, la troisième fille de Néfertiti et d'Akhenaton, qui devient son épouse royale après le changement de son nom en Ânkhésenamon.
Compte tenu de son âge, le roi a probablement des conseillers puissants, en particulier, le « Père divin » Aÿ et le général Horemheb. Comme il est trop jeune pour régner, c'est probablement eux qui détiennent le véritable pouvoir administratif et militaire.
Horemheb rapporte que le roi l'a nommé « député du roi sur toute la terre », soit porte-parole du roi en Égypte et dans toutes les terres étrangères. Il rapporte aussi qu'il est habile à calmer le jeune roi lorsque celui-ci s'emporte.
Politique intérieure Modifier
Dans la troisième année de son règne, Toutânkhaton se détourne de certains des changements apportés par Akhenaton.
Il délaisse le culte d'Aton et restaure la suprématie du dieu Amon. Le bannissement d'Amon est levé et les privilèges traditionnels sont rendus au Grand prêtre d'Amon et à son clergé. Il change d'ailleurs son nom en Toutânkhamon « Image vivante d'Amon » afin d'affermir la restauration du dieu, tandis que son épouse devient Ânkhésenamon, comme l'indique la stèle de restauration du culte d'Amon retrouvée dans le temple de Karnak.
Amarna, la ville d'Akhetaton, est abandonnée et la capitale est déplacée à Thèbes.
Le roi initie la construction de nouveaux bâtiments, en particulier à Thèbes et à Karnak où il consacre un temple à Amon. De nombreux monuments sont érigés et une inscription sur la porte de sa tombe déclare que le roi « a passé sa vie à façonner des images des dieux ».
Les fêtes traditionnelles sont célébrées à nouveau, en particulier celles consacrées au dieu Apis, ainsi que la belle fête d'Opet. Sa stèle de restauration indique : « les temples des dieux et déesses étaient en ruine. Leurs hauts lieux étaient désertés et envahis de mauvaises herbes. Leurs sanctuaires n'avaient plus d'existence et leurs cours servaient de route... Les dieux ont tourné le dos à ce pays... Si quelqu'un adresse une prière à un dieu, il n'aura jamais de réponse[19]. ».
Cependant, il ne semble pas que le couple royal ait abandonné totalement la religion atonienne, comme en témoigne le trône où l'on peut apercevoir, dans un cartouche ciselé sur un accoudoir, le disque solaire Aton tendre la croix de vie au pharaon et à sa femme.
Politique extérieure
À la suite du règne d'Akhenaton, le pays est faible et instable. Les relations diplomatiques avec les autres royaumes ont été négligées et Toutânkhamon s'emploie à les restaurer, en particulier avec le Mittani. Les cadeaux, provenant de divers pays, trouvés dans sa tombe, semblent prouver son succès.
Malgré ses efforts pour améliorer leurs relations, des batailles avec les Nubiens et les Asii sont rapportées dans son temple funéraire à Thèbes. Sa tombe contient une armure et des tabourets pliants pouvant servir lors de campagnes militaires. Toutefois, compte tenu de son jeune âge et de handicaps physiques qui nécessitent l'usage de cannes pour marcher, les historiens supposent qu'il n'a pas personnellement participé à des batailles.
Cause de la mort Modifier
Il n'existe aucun témoignage sur les derniers jours de Toutânkhamon. Les causes de sa mort font l'objet de nombreux débats.
Une première autopsie de la momie est effectuée le 11 novembre 1925, sous la supervision d'Howard Carter. La première radiographie, effectuée en 1968 par le professeur d'anatomie R.G. Harrison de l'université de Liverpool, met en évidence la présence d'un fragment osseux dans la cavité crânienne et une zone amincie de l'os occipital, suggérant une lésion et une hémorragie à l'arrière du crâne. La thèse d'un complot pour le tuer, ourdi par un de ses proches (notamment son successeur Aÿ) est évoquée[39]. Un scanner plus précis réalisé dans le cadre du King Tutankhamun Family Project a réfuté cette hypothèse : le fragment d'os se serait plus probablement détaché lors du processus d'embaumement ou des manipulations lors de l'autopsie de 1925.
Des analyses ADN effectuées en 2010 dévoilent la présence de parasites du paludisme dans son organisme. La combinaison de la malaria et de la maladie de Köhler aurait provoqué sa mort.
Un scanner, réalisé en 2005, révèle qu'il a souffert d'une fracture à la jambe gauche peu de temps avant son décès. Cette fracture de l'extrémité inférieure du fémur gauche avec rotule arrachée, manifeste des signes d'infection locale. L'ébauche de cicatrisation indique que le roi n'a survécu qu'un à cinq jours à son accident.
Fin 2013, l'égyptologue Chris Naunton et des scientifiques de l'Institut Cranfield Forensic ont réalisé une « autopsie virtuelle » du roi, révélant des blessures sur un des côtés du corps. Après avoir créé des simulations virtuelles d'accident de char, ils émettent l'hypothèse que Toutânkhamon aurait été renversé par un char lancé à vive allure. Le cœur aurait été écrasé par l'impac.
Répercussion de sa mort
Un texte hittite rapporte qu'une reine égyptienne v***e supplia le roi hittite Suppiluliuma de lui envoyer un fils pour monter sur le trône. Cette reine, appelée par le récit hittite Dahamunzu, transcription de l'expression égyptienne ta hemet nesou, « épouse du roi », est souvent interprétée comme étant Ânkhésenamon, mais il pourrait s'agir de Mérytaton, la concordance entre les chronologies des règnes hittites et égyptiens étant mal établie pour cette période mouvementée. Quoi qu'il en soit, le roi hittite accepta la proposition et fit partir le prince Zannanza, lequel n'arriva jamais, manifestement assassiné. Cela entraîna les deux pays dans une guerre qui dura plusieurs décennies. On ne sait pas ce que devint la v***e, certains avancent un mariage avec son successeur Aÿ qui succéda au jeune pharaon.
Mèmè Lancinet Camara