24/04/2022
" LE MAITRE NE VIENT QUE LORSQUE LE DISCIPLE EST PRÊT "
On peut avoir eu une expérience décevante par rapport aux attentes que l'on avait vis à vis d'un Maître Spirituel, c'est tout à fait humain. Mais il faut en premier lieu réaliser que tout Maître spirituel habite un corps humain, il est comme vous un dieu dans la matière. Parfois il n'a pas tout le temps dont il voudrait bénéficier, il doit répondre à des besoins matériels terrestres, vivre et par dessus tout songer à accomplir son destin de transmettre la connaissance secrète, la sagesse. Il ne faudrait donc pas pour une personne se voulant chercheur ou étudiant en spiritualité, exprimer souvent sa déception avec immaturité, en tombant dans la tentation des affirmations gratuites ou vilipender le Maître dont on voudrait être le disciple. C'est un piège spirituel nuisible au façonnement de la personnalité et à l'âme. C' est non seulement injuste mais karmiquement celà est également contreproductif. ( Je rédige ce post en réponse à une publication que j'ai lue sur cette même page).
Laissez moi vous conter une anecdote. Dans les temps anciens, les postulants, candidats à la connaissance spirituelle quittaient leur maison, leur famille, leurs intérêts et s'engageaient dans un long voyage parfois périlleux, au mépris de leur vie, leur santé, leur sécurité pour aller rechercher la connaissance des mystères, la gnosis. Les Maîtres spirituels d'antan résidaient souvent dans des lieux isolés difficilement accessibles, loin des mondanités et de l'agitation du monde. Certains étaient anachorètes (ermites vivant dans la solitude), certains se réfugiaient dans des monastères, des temples isolés, au sommet de montagnes enneigées... Le principe était connu. Ce n'était pas au Maître d'aller vers l'élève mais l'élève qui se sentait prêt devait accepter le déchirement de tout quitter pour aller rechercher l'initiation auprès d'un Maître réputé et en lequel il avait confiance.
Les maîtres antiques n'avaient pas d'internet, ni réseaux sociaux pour se faire connaître, leur marketing ne passait par aucun média télévisuel, ni journaux. C'est la renommée sociale, la portée de l'enseignement, la hauteur du travail spirituel qui tel le vent, portait et répandait le nom d'un maître.
1. Le disciple qui sentait en lui la vocation, dans toute sa puissance, était au fond guidé par son être intérieur qui le considérait comme " prêt". Et un Maître, depuis longtemps désigné pour l'aider à croître spirituellement, par les hiérarchies spirituelles, les anges de justice (les 24 vieillards) , en fonction de sa ligne de destinée, de son karma, de son niveau de conscience; ce Maître s'imposait à sa conscience, à son écran mental. C'est là le sens de l'adage mystique " Le maître ne vient que lorsque l'élève est prêt". Mais il fallait être prêt à souffrir pour avoir accès aux enseignements des plus grands Maîtres. Souffrance, déchirement intérieur mais aussi physique, matériel. Le futur disciple devait être préparé à souffrir dans son corps et dans son âme. Comme le dit le Grand Me. Yeshuah Hamashiah : " Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas digne de moi".
2. Une fois que l'élève, le chélah avait réussi à atteindre la montagne, le monastère, le lieu caché d'existence du Maître, parfois, il devait attendre assis, en observant la loi du silence, sur le parvis du temple devant une porte, un obstacle symbolique, pendant des jours, des mois, tout le temps nécessaire que l'on daigne l'accueillir dans l'antichambre du temple.
Après commençait son apprentissage. Souvent par des tâches ménagères ( la cuisine, la vaisselle, l'entretien des lieux d'aisance...). Ceci pour l'obliger à prouver sa détermination. Durant un temps indéfini. Afin de développer la volonté.
Plusieurs abandonnaient à ce stade et rentraient en racontant dans leur village qu'on ne les avait pas reçus convenablement.
3. Ce n'est qu'après qu'on ait éprouvé sa patience, que le postulant subissait des dernières épreuves mentales illusoires (épreuves psychiques) éprouvantes pour lui faire peur (jetté dans un puit profond, dans un cours d'eau, confronté à des bêtes féroces illusoires...) mais on l'obligeait ensuite à agir sur lui-même en se maîtrisant, en domptant sa peur et sa nature inférieure. Pour apprendre à agir, en utilisant le pouvoir que chaque homme possède au fond de lui-même et orienter son destin : " Oser".
Il était prêt pour recevoir la connaissance, le "Savoir" qui lui ouvrirait la porte du "Pouvoir" sur les mondes visible et invisible et les êtres peuplant ces mondes .
Le postulant intégraient ainsi symboliquement les 4 lois du Sphinx, protégeant le secret de l'initiation : " Savoir, Pouvoir, Oser et se Taire".
Le candidat à l'initiation pouvait enfin être reçu dans la première chambre du temple de la connaissance. Et débuter son parcours sous l'égide du Maître de sagesse. Mais parfois même, il n'était confié qu'à un enseignant secondaire. À travers les diverses initiations. Parfois durant des années, jusqu'au jour, au mois à l'année où le Maître jugeait digne de continuer lui même son enseignement.
Certains étudiants se réclamant étudiants de tel ou tel Maître ne l'ont jamais rencontré. Et un jour, sur le chemin de l'initiation qui est, en essence, perpétuelle ils comprennent que le vrai Maître est en fait en nous-même, dans nos mondes intérieurs. Nous sommes, sous un certain aspect, notre propre Maître (voir utilement conférence sur Le maître intérieur, Me. Avatar).
4. Malheureusement, l'histoire rapporte que certains disciples, malgré la proximité qu'ils eurent avec le Maître, malgré leur intimité, arrivèrent à trahir ce dernier. Les exemples sont légion. Le traître ne vient pas du dehors. Il vient du cercle le plus restreint. C'est pourquoi la trahison fait si mal. C'est pourquoi comme tout humain, certains enseignants en vinrent à restreindre leur cercle et à s'isoler profondément. Car la tortue qui rentre dans sa carapace est protégée même du danger inconnu. C'était maintenant aux plus courageux, "aux violents", de forcer sa porte et de s'imposer par la patience et la persévérance. (En conformité avec la parabole christique :...le royaume des cieux est forcé et ce sont les violents qui s'en emparent").
Un semi-isolement est donc, dans notre contexte actuel, une attitude compréhensive pour tout guide spirituel. Observez les scandales concernant les pasteurs néo évangéliques congolais, trahis par la faiblesse de leur nature humaine certes, mais offerts en pâture par des proches ou des personnes qu'ils ont acceptées dans leur entourage.
Et posons nous une question simple. Un Maître spirituel, humain par delà tout devrait-il accepter n'importe quelle personne souhaitant le rencontrer, pénétrer son cercle intime parfois par simple curiosité, sans prendre le temps d'éprouver la patience, la persévérance, la loyauté du postulant souhaitant devenir son futur étudiant?
Les chélas antiques sacrifiaient leur vie d'avant, abandonnaient leurs existences commodes pour suivre un Maître. Que sommes nous prêts à sacrifier nous? Car il y a toujours un sacrifice, un prix à payer pour avoir accès à la plus haute connaissance. Les disciples du Christ ne lui demandèrent-ils pas (en substance) : "Nous avons tout abandonné. Qu'aurons nous en récompense?"
Si vous désirez devenir véritablement l'élève faisant partie du cercle intérieur d'un Maître, méritez le.Démontrons notre patience, notre sens de la discipline, de la persévérance, notre préparation mentale, notre sens du sacrifice...
Surtout, ne pleurnichons pas en nous apitoyant sur nous-même à la moindre déception, à la plus petite frustration. Par dessus tout ne tombons pas dans la tentation facile du dénigrement. Car souvent le temps de flottement que nous connaissons est une expérience dont il faut toujours tirer le meilleur bénéfice, sur le chemin du développement de notre conscience. Et parfois une épreuve pour juger de notre maturité, voir si nous sommes réellement digne d'accéder à l'initiation.
Que le Dieu de votre conviction vous bénisse!